Les SCIC du Volvestre

DANS LE CADRE DE SES COMPÉTENCES EN MATIÈRE D’ÉCONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE ET DE PROMOTION DU TOURISME, LA COMMUNAUTÉ DE COMMUNES DU VOLVESTRE A PRIS DES PARTICIPATIONS AU SEIN DE DEUX SOCIÉTÉS COOPÉRATIVES D’INTÉRÊT COLLECTIF.

Depuis 2014, la loi ESS a posé les bases d’un développement à plus grande échelle de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), avec comme objectif de renforcer la collaboration avec les entreprises de ce secteur, afin d’en faciliter la croissance, et d’encore mieux remplir les objectifs qui sont les siens en particulier en matière de création d’emploi et de justice sociale. A ce titre le statut de Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) a été mis en avant, afin de porter et développer les projets territoriaux relevant de l’ESS.

Une SCIC est une société, et non une association, ce qui peut faire une énorme différence tant au niveau de la gouvernance d’un projet que de l’image qui en est perçue, même si elle peut être statutairement déclarée à but non lucratif. Le principe est donc de gérer une activité dans une vraie logique d’entreprenariat, sous un statut coopératif, qui correspond bien aux visées sociales de l’ESS. La gouvernance est obligatoirement assurée par un minimum de trois collèges de sociétaires, dont un réservé aux salariés. Les collectivités territoriales s’impliquent donc désormais auprès de ces entités au sein d’un collège qui leur est dévolu.

En prenant une participation dans le montage d’une SCIC une collectivité n’est plus dans une logique de subvention, mais bien de participation à la gouvernance. C’est un acte fort, qui marque un réel intérêt pour un projet dont les visées de développement local et social doivent être clairement définies.

En 2017, la Communauté de Communes du Volvestre a ainsi pris une participation dans deux SCIC que nous vous présentons brièvement ci après : les Jardins du Volvestre à Salles-sur-Garonne, et la ferme du Marestaing à Montesquieu-Volvestre.

 

LES JARDINS DU VOLVESTRE

Faisant suite aux jardins du Comminges, ceux du Volvestre ont été créés par Laurent Durieux en 2010 avec le même objectif : offrir un accès à l’emploi à des personnes sans qualification, via une activité de maraichage et d’entretien d’espaces verts, le tout en milieu rural et avec un ancrage affirmé sur le local. L’accompagnement socio- professionnel est assuré par l’AFIDEL, dont la création remonte à la fin des années 90. Le maraîchage permet de commercialiser des paniers de légumes bios, mais aussi des plants. Deux ans après la création des Jardins du Volvestre, sont nés ceux du Girou à l’est de Toulouse. Les trois structures travaillent alors en réseau et les points de vente de paniers bios se multiplient. Les agriculteurs locaux sont invités à se joindre aux trois jardins pour répondre à la demande, accentuant ainsi leur ancrage local. En 2013 est créé le GESTES, un groupement d’employeur permettant de partager l’emploi entre les différentes entités support. De fait, l’ensemble constitue dès lors un véritable réseau, entre les trois sites de production, l’AFIDEL et le GESTES.

 

 

Réseau qui se concrétise en 2016 avec la création du Groupement Cocagne. La professionnalisation, la volonté d’élargir le champ d’action et le réseau de partenaires, tout cela nécessitait de changer le statut des Jardins du Volvestre et de passer en SCIC. Car les projets ne manquent pas avec notamment la création d’un véritable relais logistique sur le site de Salles-sur-Garonne, qui comprendra le stockage et un atelier de transformation pour produire des conserves et des produits de quatrième gamme (du frais sous vide et prêt à l’emploi pour la restauration collective, ouvrant ainsi la voie d’une alimentation bio peu développée en restauration scolaire ou d’entreprise sur la Haute-Garonne). Pour ce faire, les jardins se portent acquéreurs du foncier jusque là mis à disposition par la municipalité et vont construire un bâtiment dont le concept architectural pourrait s’avérer surprenant... L’impressionnant dynamisme entrepreneurial des jardins montre à quel point leur gestion est professionnelle. Pour autant, le groupement conserve ses objectifs sociaux de formation et d’intégration qui sont sa véritable raison d’existence et la SCIC reste à but non lucratif.

 

LE MARESTAING

Au cœur des coteaux, à l’aplomb de Montesquieu-Volvestre, avec la chaîne des Pyrénées en arrière plan tranquille et rassurant, le Marestaing est l’archétype de la ferme du Volvestre. En s’y installant Corine MARCIEN et Joël LEBRET avaient en tête un projet global dont la teneur est intimement liée à leur parcours de vie. Il y est question d’art africain, d’agriculture et de projet humanitaire, le tout avec un ancrage fort sur le territoire.

LaSCIC Marestaing a donc des visées multiples mais complémentaires. C’est un lieu de promotion de l’art africain, via une salle d’exposition et surtout un appartement permettant de recevoir des artistes en résidence. Lesquels, durant leur séjour, pourront s’inspirer de leur expérience de vie en Volvestre pour créer des œuvres originales. La ferme comporte également deux gites ruraux pour l’accueil des touristes. Elle se distingue enfin par un troisième volet humanitaire, puisque l’activité de fermage est confiée à des réfugiés Syriens, permettant ainsi d’aider une famille à construire un projet de vie en France en s’intégrant –provisoirement ou définitivement– par leur activité professionnelle.

 

 

Pour Corine et Joël, le projet ne pouvait pas se monter autrement que sous la forme d’une SCIC, avec une gouvernance partagée entre différents acteurs, mais dans un système d’entreprenariat, et pas dans une logique de subventionnement. Les collèges, dont celui des collectivités ont donc tous voix au chapitre. Le montage de la SCIC est cependant fait de telle sorte que la collectivité territoriale ne peut être tenue pour responsable des pertes le cas échéant. La réussite est partagée, mais seuls les porteurs initiaux du projet en assument l’éventuel échec.

L’arrivée de la première famille a suscité un incroyable élan de solidarité de la part des habitants, malheureusement, le projet n’a pu être mené à son terme, pour des raisons qu’il serait trop long de détailler ici, mais qui sont liées aux difficultés de l’exil forcé, pas toujours prévisibles, les situations étant lourdes et complexes. Quoi qu’il en soit cette première tentative avortée n’est pas un échec : elle a permis d’en tirer des enseignements et elle ne remet pas en cause le projet, ni n’entame la motivation de Corine et Joël, prêts à renouveler l’expérience avec une nouvelle famille. Les premiers mois de fonctionnement ont en tous cas permis de valider la cohérence du projet et la richesses de ses inter-connexions. Les artistes en résidence ont été en effet marqués par leur rencontre avec les fermiers Syriens et l’ensemble des personnes impliquées localement dans l’aide à leur installation. Et c’est bien ce que recherchent Corine et Joël, au-delà des objectifs artistiques, touristiques et humanitaires. Ce qui compte c’est la rencontre, le brassage des cultures, la fraternité qui naît de la confrontation d’univers humains si éloignés, lorsqu’apparaît l’évidence d’une humanité partagée.

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